Jimmy Takes A Hit

Tout commence par une naissance

Jimmy’s next chapter…

S’il reste quelqu’un dans le coin…

Après une mûre réflexion j’ai changé d’adresse. Vous me retrouverez sur http://www.orcrawn.fr

Et maintenant, rideau.

Jimmy leaves the stage ?

Ce blog n’aura pas tenu très longtemps.

En fait c’est même pire que ça, j’ai décidé que je faisais de la merde et donc qu’il fallait que je recommence. Je n’ai pas de photo d’ardoise magique pour illustrer mon propos, mais c’est l’idée générale.

Je n’arrêterai pas d’écrire. Je vais juste écrire différemment. Ce blog ce n’est pas moi, ce n’est pas bien écrit, ce n’est pas efficace.

Ce n’est pas moi, ces titres en anglais et ce rythme de parution. Je vous accorde que ce rythme de parution oblige à sortir un article tous les 7 jours au moins (l’article du lundi), même s’il est pourri. Ce n’est pas moi. Je n’y mets pas mes trippes comme je le faisais avant. Je me modère sur certains sujet et ces billets prévus pour être programmés sont en fait écrit en panne d’inspiration à l’arrache le dimanche soir (même la veille d’un partiel d’obstétrique).

Ce n’est pas bien écrit. Vous ne pouvez le nier. Comme on m’en a fait la remarque, je n’écris pas bien là tout de suite. J’utilise les mots n’importe comment pour essayer de les faire jouer, pour créer du sens inédits (rien qu’aujourd’hui j’ai utilisé « qualité effroyable » comme mélioratif) ; c’est mal. Et puis j’ai l’impression que mon style devient mou. Je crois que le manque d’émotion, de trippes et de passion m’empêche de sublimer ma prose. Ma plume s’émousse devant un écran de platitude.

Même là. C’est vous dire comme je suis attristé par cet état de fait. Je me plains sur moi-même parce qu’il n’y a plus cette vision que je voulais au départ mettre dans mon blog. Ca va changer. Bordel quoi !

Ce n’est pas efficace. J’ai juste à jeter un œil aux statistiques et à diverses autres données pour m’en rendre compte. J’ai un lectorat. Relativement fidèle si je ne m’abuse. J’ai même des commentaires. Mais au-delà, je peine quand je me relis. Même là je suis presque obligé de tirer à la ligne pour avoir quelque chose qui dépasse les 500 mots. J’ai l’impression de hurler dans le désert blogosphérique, entre un cactus peint en rose et un rouge-gorge égaré au rayon des gens qui ont broyé leur masque à main nu dans une catharsis salvatrice et nécessaire.

Désolé pour la phrase longue.

Donc je me suis réunis moi et mes autres moi, et on a décidé tous ensemble qu’on voulait que ça change. On voulait que ça ait plus de gueule. On voulait plus et mieux.

C’est donc avec beaucoup de bonheur que je vais travailler sur autre chose. Voilà.

Je vous dirai quand j’aurai fini. Comme ça vous pourrez mettre vos rss et autres à jour.

Sincèrement,

Jimmy Taksenhit

Monday on the edge

J’ai parfois l’impression d’être au seuil d’une étape de ma vie. Comme si je me heurtais non pas à un mur mais à une petite résistance, comme une surpression d’air à l’entrée d’un bloc opératoire. Pas le genre de surpression à faire mal, mais une légère sensation de changement.

Mes vacances se terminent à la fin de la semaine. J’aimerais bien en tirer un bilan mais il ne serait pas fameux. Mon NaNoWriMo a stagné à partir de la deuxième semaine à 12 000 mots. C’est trop peu pour un roman ; il s’agit d’un format classique de novella. D’ailleurs, c’est marrant, parce que mon auteur préféré est un maître des novella – ce qui explique d’ailleurs son faible nombre de traduction en France. Trop court pour être un roman, trop long pour être une nouvelle. Je n’ai même pas de chute. C’est vous dire s’il est raté.

Après, ce n’est que la cinquième fois que je tente de l’écrire, je ne me souviens pas être déjà allé aussi loin. La prochaine fois sera la bonne.

Au final, ce n’est pas très important. Ce NaNoWriMo m’a surtout aidé à mettre en forme des idées importantes de mon univers. Pour la première fois j’ai réussi à arrêter une date pour une forme d’Europe. Ce n’est qu’une question de point de vue, mais savoir à quoi ressemble l’Europe en 2085 permet d’avoir une idée de l’avancement du cycle.

A la place j’ai donc commencé en projet parallèle une nouvelle pour Angle Mort, une revue en ligne qui semble accepter les manuscrits de façon traditionnelle, du moment qu’il s’agit de littérature de genre et que ça soit au format nouvelle. Une revue trimestrielle qui publie des gens pas forcement connus à ce format tout en maintenant une ligne éditoriale cohérente et de qualité ; c’est ce qui manquait.

Et je recevrai ma première lettre de refus officielle ever. Je pourrais même faire comme Stephen King et m’offrir un clou à mettre sur mon bureau virtuel pour l’accrocher. J’ai juste trop hâte !

Autre chose qui n’est pas fameux, mon mémoire. Je pensais pouvoir l’avancer très vite, mais j’avoue que je suis un peu bloqué. Je vais continuer, il le faut. J’espère que ça suffira.

La bonne nouvelle, c’est que le reste va mieux. J’ai retrouvé ma vie sociale, j’ai retrouvé une sorte de joie de vivre que je n’avais plus. Je cuisine beaucoup, je sors pas mal. Je suis retourné au cinéma alors que ça ne m’arrivait plus depuis longtemps. Je danse presque comme avant, avec le même plaisir (en me retenant d’encastrer ma prof dans le mur).

Je donne du temps au temps. C’est peut-être ça, les vraies vacances.

Ah et sinon j’ai commencé à jouer à Skyrim, maximum 2h par jour (c’est rapidement chronophage cette saleté). Je pense que je finirai une critique du jeu pour Blog2Rôliste d’ici la fin de la semaine. Ca n’intéresse pas tout le monde, je sais. Après maintenant une bonne quinzaine d’heure de jeu, j’ai pris des étoiles pleins les yeux. Il y a de l’excellent, du moins excellent et des moments qui s’approchent de la perfection. Mais j’en parlerai plus tard et dans un autre endroit.

Voilà. A part raconter ma vie, que dire en ce lundi ? Peu de choses.

Et maintenant je vais laisser mon traitement de texte et je vais retourner à mes autres activités. Ouvrir un traitement de texte.

Au passage, j’aimerais vous faire remarquer que j’ai changé l’heure de parution des billets le Lundi pour 9h30. Histoire de parasiter votre matinée. Malin non ?

Jimmy gets a refreshment

Pour une fois rare, j’ai mis les pieds avec bonheur et délectation dans les terres hostiles qui se trouvent en dehors du périphérique. Ce fut rude, avouons le tout de suite. Là-bas les gens de machines à quatre roues pour survivre. Ces étranges bêtes sauvages (il y a des accidents, la preuve) se nourrissent paraît-il de substance indigestes pour le commun de mortel.

Je suis allé chez ma grand-mère.

C’est mieux quand je le dis ainsi.

Après une semaine riche en émotion, après avoir craqué pour un infâme jeu de Bethesda Softwork (oui, je suis en train d’écrire et de travailler au lieu de jouer, si ce n’est pas une preuve de ma volonté absolue) et après avoir passé une soirée pourrie en boite sur une péniche ; je suis allé chez ma grand-mère. Je me répète. Il est tard, c’est pour ça.

Ma grand-mère habite en région centre. Pour s’y rendre il convient de prendre un moyen de transport civilisé (car ferré) appelé le train. J’aime prendre le train. Tous les plus grands aventuriers prennent le train (sauf Indiana Jones qui utilise des hydravions). J’aime cela parce qu’il est possible d’y admirer le paysage, de se livrer à des activités presque sociales et de se poser. Pas de wifi (sauf dans le Thalys), peu de réseau. L’ordinateur, pour le coup, tient une bonne heure et demi avant de rendre l’âme. Tout d’un coup il faut se trouver un nouveau moyen de distraction et je sors mon livre.

Une fois parcouru les centaines de kilomètres, dans une bourgade avec un château (10 000 habitants, c’est mon quartier ; une bourgade dis-je), les moyens de transport n’obéissent plus aux règles du bon sens. Il faut prendre une voiture.

Pour le coup je déteste la voiture.

D’abord j’ai toujours eu du mal à savoir quoi faire de mes bras dans une voiture. Le manque d’espace sans doute. Je n’ai pas mon permis de conduire, je ne sais pas domestiquer les voitures sauvages. Je sais comment elles fonctionnent, j’ai une certaine connaissance de leurs mœurs sexuelle et je sais qu’une orgie de ces créatures peut mal finir sur une autoroute. On parle alors de carambolage. Voyez ! Elles sont si avides qu’elles ne pensent même pas aux êtres humains qu’elles sont en train de digérer au moment où elle s’adonne à ces fatals ébats. Surtout quand elles tentent de violer une autre espèce : abribus, platane, tractopelle ou ravin.

Laissons là ces divagations élitistes. L’élitisme c’est mal. Et je ne suis même pas drôle dans ma tentative d’humour noir.

Ma grand-mère a une maison dans une extrémité résidentielle de la ville. Elle habite là seule depuis que mon grand-père est parti. En arrivant je salue toujours le cerisier parce que c’est là qu’est mon grand-père maintenant. Ses cendres sont mêlées à ses racines et tous les printemps il nous gratifie de belles cerises. Il n’aurait pas voulu se faire enterrer dans un cimetière. Là au moins il est au milieu de la famille.

Quand tu entres chez elle, tu as les odeurs qui t’assaillent d’un coup. L’odeur de la cire, l’odeur des livres ; l’odeur plus forte que les autres d’une cuisine généreuse. Quand nous venons la visiter en famille elle cuisine parce qu’elle adore ça (ce fut mon professeur en la matière). Elle profite d’avoir du monde à table pour faire de bons plats copieux qu’elle ne peut pas faire quand elle est seule. On y boit du bon vin de Touraine, on y mange du fromage de chèvre et on y parle pendant des heures.

Et puis dans cette maison il y a le fauteuil. C’est un énorme fauteuil mécanique qui permet de surélever ses pieds. Il est dans la position idéale par rapport à la télévision et aux radiateurs. Il n’est à personne et il reste inoccupé une partie de l’année. C’était le fauteuil de mon grand-père. Peu à peu c’est aussi devenu mon fauteuil. Ma sœur m’a toujours fait des remarques sur le sujet, briguant la place de choix qu’il représente, mais à chaque fois, spontanément, les autres me le laissent.

Je suis donc allé me ressourcer pendant 2 jours, loin du bruit, loin de la cohue. Le parisien que je suis aime bien s’exiler un peu. On revient pour le plaisir de retrouver la ville qu’on aime.

Bon lundi à vous, même si vous êtes venu en créature roulante.

Jimmy Hates November

Il est trois heures du matin et ma rage vient de me quitter. C’était presque simple en fait. C’était même évident. Je n’y avais pas pensé plus tôt à cause de tous ces problèmes parasites qui m’empêchaient de penser de façon correcte. J’ai la rage contre moi-même.

Là où cela fait le plus mal, c’est que dans le fond je m’aime plutôt bien. J’aime cette fusion de pulsions qui font ce que je suis. J’arrive même presque à définir maintenant qui je suis ; c’était une gageure il y a encore six mois. D’ailleurs, la preuve que ça va mieux, c’est que maintenant j’ai recommencé à écrire.

Depuis lundi, je n’ai plus aucun poste associatif. Je pense que ça va revenir rapidement, mais pour l’instant je goûte à une liberté toute nouvelle pour moi. Ce poste m’a apporté beaucoup au niveau personnel, m’a appris sur moi-même, sur les autres. J’ai encore quelques questions mineures à régler, comme de savoir ce que font les cintres dans les placards une fois qu’on a fermé la porte, où se situe ma place dans l’univers et pourquoi j’ai un problème de tolérance envers les gens qui ont entre 1 mois et 16 ans (plus spécialement dans le train).

Au demeurant je suis sûr que cette dernière question se réglera d’elle-même quand j’aurais quelqu’un avec qui procréer pour de bon. On va attendre une bonne décennie quand même.

Il y a un point qui reste en suspension. Je hais le mois de Novembre d’une façon viscérale et pleine. J’ai pour ce mois de l’année une horreur sainte. Pourtant je n’ai pas de souvenir particulièrement affreux au mois de novembre (pour cela, j’ai des grosses dates moches en janvier, février, avril, juin et septembre). Mais je sais pas… Le temps qui fraichit pour de bon, l’heure d’hiver peut-être. J’ai l’impression qu’à 17h la journée est finie parce qu’il fait nuit. Pourtant c’est notre heure naturelle. Mais perdre une heure de jour comme ça, en sentant les journées qui raccourcissent jusqu’à l’insoutenable 21 décembre, ça fait un petit quelque chose quand même.

Et puis il y a Paris. Il y a l’absence d’activité. Les vacances permettent des choses géniales, comme de se lever à 11h et de se coucher à 3h du matin. Je peux aussi choisir mes horaires de travail. Pour moi 14h-22h c’est plus humain que 8h-16h, allez savoir pourquoi.

Il me semble avoir lu une étude sur le sujet il y a un an quasiment, j’avais trouvé ça sur Sexactu et, si ça n’avait rien à avoir avec le sexe, ça parlait de ma réalité. J’aime quand on parle de ma réalité.

J’ai quasiment réussi à me détendre pour la première fois depuis presque 6 mois. Je n’ai pas de garde à prendre, pas vraiment de compte à rendre. Je ne tiens aucune vie entre mes mains. C’est satisfaisant. Le plus étrange c’est que les choses qui me donnaient de la détente en ces périodes de stress ont désormais l’effet inverse. Par exemple sortir.

J’ai du mal à sortir en ce moment. Les occasions ne manquent pas, j’ai justement plein de monde à Paris en ce moment, il y a des soirées presque tous les soirs et des fêtes, des apéros,… Mais sortir n’est pas si facile. J’ai une quasi-phobie sociale en ce moment. Voir du monde, à trois ou quatre exceptions près, est presque une corvée.

Mon cours de danse n’est plus ce havre de vidage de tête qu’il était redevenu depuis cet été. Il est devenu terrible. Il a suffit d’une discussion avec une ancienne du cours pour que l’éclairage change d’un seul coup. En fait ma prof n’a aucune idée de là où elle va et nous fait faire des exercices techniques improvisés, cours après cours. C’est à mille lieux de ce que voulais au début en commençant à danser le rock’n’roll. Je voulais apprendre à danser. Là, j’apprends à bouger mon bras en brassant l’air pendant une demi-heure parce qu’on n’a pas assez de danseuse pour le nombre de danseurs.

Je ne dis pas que je vais arrêter mais… Là je dois vraiment me dire que j’ai déjà payé ces cours pour y aller.

J’avais donc la rage au moment où j’ai voulu commencer cet article. Une vraie grosse avec des éclairs. Ca se voyait je veux dire. Il y a des jours où je bouille intérieurement et où la surface est de marbre. Là j’ai eu ma prof qui est venue me voir pour savoir si j’allais bien. J’ai pas voulu lui dire que son cours était en train de me lourder complètement. J’ai eu tort ?

Je suis rentré empli d’une colère totalement inexplicable. J’ai voulu me changer les idées et donc j’ai cherché un film à me regarder. 1h du mat’, tout va bien. J’ai revu Elizabethtown. Je n’ai jamais compris pourquoi il n’a pas fait un carton comme Garden State. Je veux dire… Orlando Bloom est juste excellent et Kirsten Dunst est largement meilleur que Nathalie Portman. On retrouve Susan Sarrandon, ce qui est trop rare.

Damn it, Janet !

Le pitch de base est le même dans les deux hein : un jeune gars totalement obsédé par son job et sa vie à 500km/h apprends que son père vient de mourir, retourne donc dans la campagne profonde américaine se coltiner un certain nombre de plouc et rencontre une fille spéciale avec qui commence une histoire d’amour. J’aime bien les deux. Peut-être parce que j’appréhende la vie après le décès de mon père… pour l’instant c’est totalement inenvisageable.

J’ai quand même une nette différence pour Elizabethtown parce que c’est un genre de road movie un peu surréaliste. Genre quand les deux personnages principaux se retrouvent à parler au téléphone pendant une nuit entière après le plus incroyable échange d’appel secondaire du monde pour finir par se retrouver au petit matin au bord d’une nationale pour voir le lever du soleil. Typiquement c’est un film qui dure deux heures mais qui ne les fait pas.

Je me sentais assez mal, je dois l’avouer. Je vais mieux. La bande-son, les références et la vidéo de Rusty apprend à écouter, où un grand bâtisseur échange le silence d’une bande gamin de moins de dix ans (je vous renvoie quelques paragraphe au dessus) contre l’explosion d’une maison pleine de termite.

4h du matin. C’est une bonne heure pour publier un billet le jeudi. On se donne rendez-vous jeudi matin la semaine prochaine ?

Jimmy takes vacations

Je pense que j’arriverai à faire quelque chose avec un billet par semaine. Appelons cela l’humeur du Lundi, voulez vous ? Je vais fixer son heure de parution le lundi, toutes les semaines, vers 10h30. Histoire que les gens qui sont au taff depuis 8h30 – 9h et qui font une pause puisse le trouver tout chaud dans leur reader en revenant de la machine à café.

Moi en tout cas, j’aimerais bien qu’on me mette un truc comme ça pour m’égayer mon lundi matin. Avec un café. Parce que le lundi est une journée de merde, quoi qu’on en dise. Même si cela risque d’être très faux en ce qui concerne mes trois prochains lundi. Mais ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué.

Je suis en vacance pour un mois. Mes potes ont des envies de meurtre et lancent des fléchettes imaginaires sur ma photo facebook parce qu’ils bossent. Les pauvres. Je les plains sincèrement. Se lever un lundi c’est toujours difficile. Alors pour vous changer les idées, vous qui vous êtes levé ce lundi, je vais vous raconter un petit souvenir d’un lundi où j’avais été heureux de me coucher.

Au passage, s’il y a un développeur d’API Facebook qui passe, je suis sûr que mon idée de lance fléchette sur les photos de profil peut faire un malheur et rapporter des masses de thune. Pensez-y !

J’étais donc un tout jeune étudiant sage-femme qui attaquait son troisième stage en salle de naissance, dans une maternité qui fermera bientôt ses portes (parce qu’on ferme les petites maternités). Il faisait un froid noir (comme cette nuit) et un vent à déraciner les fœtus (comme cette nuit). La lune était haute et le mois de Novembre commençait à peine.

Si cela ne dit rien à la plupart d’entre vous, je ne dirais qu’une chose : premier semestre.

Les visages des pros viennent de s’éclairer d’un sourire indulgent/horrifié.

Pour les femmes enceintes qui s’aventurent ici à leurs risque et périls, vous pouvez zapper le reste de l’article et passer directement au dernier paragraphe.

Ainsi, étudiant sage-femme de début de troisième année je connaissais plus de chose en obstétrique (à vrai dire : pas grand chose) que l’interne d’obstétrique de garde qui lui, pour le coup, était dans l’obstétrique depuis 6 jours. Donc je n’étais pas rassuré, le chef de garde non plus et les sages-femmes profitaient de la salle de naissance vide pour jouer à Question pour un Champion sur une DS avec l’aide soignante et l’infirmière. L’interne d’anesthésie avait amené sa bouteille de Coca-Cola. Ce même interne devenu chef dans cette même maternité m’appris, mais bien plus tard (en Juin dernier pour être précis), que le Coca c’était juste de l’eau, du gaz, du sucre, du caramel et du colorant alors que le Coca Light, c’était vraiment un mélange merdique de 9 produits chimiques incompréhensibles d’allure dangereux.

Depuis j’évite le light quand je peux.

Cette nuit là, je fus envoyé, pour la première fois de ma vie, seul aux urgences obstétricales. Le poids des mots, le choc des monitos. La suite fut une longue nuit de coups. Coups de fil, de coups de bistouri, coups de théâtre, de décisions difficile du type « Ok les gens, on a trois hématomes rétro-placentaires et seulement deux blocs. On fait passer qui en premier ? » C’est la nuit où on a réveillé toute l’astreinte, où on a détourné le bloc de PMA/IVG et où tout le monde s’en est sorti. C’est la nuit où j’avais presque plus l’air d’un aiguilleur du ciel et où la salle de naissance ressemblait plus à une cellule de gestion de crise ; et où le chef, en regardant le rythme de ma patiente nous a dit « Bah, j’ai un créneau de 45 minutes… je te la césarise maintenant ? ». Le seul accouchement normal que je fis durant cette garde.

Au petit matin, j’avais appris à faire les urgences et qu’une femme qui saigne au dernier trimestre de la grossesse, ça peut vraiment être tout, du plus grave au plus bénin. L’interne de garde avait appris à poser des monitorings et à faire une Césarienne presque tout seul avec une sage-femme comme aide-opérateur. On s’est installé côte à côte au staff avec l’impression d’avoir vu l’entrée de l’Enfer.

Ce lundi là j’ai raté deux fois ma station de métro, et, quand je me suis mis dans mon lit, à 10h du matin, j’étais heureux d’aller me coucher. C’était une parfaite matinée pour se coucher.

Donc, du fond de mon lit en ce lundi matin (il y a de bonnes chances que je sois couché au moment où vous lirez ces lignes), je vous souhaite un bon lundi matin ! Et un bon début de semaine.

PS : C’est la seule garde que j’ai eu qui fut à ce point sanglante. Mes autres gardes apocalyptiques furent plus marrante/gentille. Ce souvenir vaut ce qu’il vaut, mais c’est un bon rappel : l’union fait toujours la force.

Jimmy Hits The Ground

Il existe un instant magique qui recèle la quintessence du possible.

Cet instant fugitif vient de passer.

La première phrase, le premier cri, le premier mot. Un premier regard sans doute également. J’avais un visage construit par facilité, une prison dorée. J’ai donc décidé d’affronter le monde à visage découvert. Comme ça. Genre.

Voilà venu, à nouveau, le moment où je vais commencer un blog. Une nouvelle aventure.

C’est mon je-ne-sais-combientième blog. Je vais encore raconter ma vie. Je vous préviens. Ma vie vous ennuiera sans doute très fortement. Elle est remplie d’évènements scénaristiquement exploitables, de grandes envolés dramatiques (le côté catalan qui ressort dans la famille), de questions insolubles…

Solubles dans le whisky certes…

Et de beaux récits. Je les espère peu gores.

Passons !

Je suis maintenant en vacances pour un bon mois. J’avais besoin de ces vacances pour me recentrer un peu. C’est marrant comme tout se rencontre au même moment. J’ai une année encore pour finir de muter, de passer d’un statut de jeune homme post-adolescent à celui d’adulte. Un mois pour finir de grandir ?

J’ai quelques projets pour le mois qui vient.

  • Il me semble intéressant de finir mon mémoire. Comme tout bon étudiant sage-femme en passe d’obtenir un jour son diplôme, j’ai un genre de bricole de 50 pages à présenter en mars. Il est avancé mais ça pourrait me faire du bien de l’achever. Au final mon sujet consiste à aller prendre le thé avec des vieilles sages-femmes pour les écouter me raconter leur vie. J’adore ça.
  • Je me suis inscrit au NaNoWriMo, le National Novel Writing Month. Le but du jeu est de fournir un roman de 50 000 mots en 1 mois (1er au 30 novembre). Tout seul ça a l’air dur, mais il y a des gens autour qui font la même chose et qui s’organisent pour écrire, ne pas lâcher. En plus de finir un premier roman pour de vrai (et peut-être de me trouver un éditeur un jour), ça fera une expérience sociale intéressante.
  • Je vais aller voir ma grand-mère et voyager un peu. Cela fait un bout de temps que je ne l’ai pas vu, au moins 6 mois, et 6 mois c’est beaucoup à son âge.
  • Il faudrait que je finisse de dessiner le plan de ma future chambre. Parce que oui, de façon inespérée, ma chambre est finalement rangée. Ca signifie que je vais aller chez Ikea faire chauffer la carte bleue familiale pour transformer mon vieux chez moi en un truc plus… adapté. Faut dire que je traine le même agencement de meubles depuis mes 12 ans. Ca n’aide pas.

Voilà ; en gros. Est-ce qu’il faudra que je vous fasse un avancement pendant le mois sur mes différents projets ?

500 mots pour ouvrir un blog.